Hydrogène gazeux : vecteur de performance industrielle et de décarbonation
L'hydrogène gazeux (H₂) est déjà largement utilisé dans le raffinage, la chimie et la production d’engrais. Aujourd'hui il est devenu un des pivot de la transition énergétique de l'industrie et des transports.
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L'hydrogène gazeux n'est pas une nouveauté pour l'industrie ; c'est une molécule critique que Air Liquide maîtrise depuis plus de 60 ans. Dans les dernières années, son rôle de vecteur énergétique majeur de la décarbonation a bouleversé les paradigmes de production, d'approvisionnement et d'utilisation. Pour un directeur de site industriel ou un responsable R&D, les questions sont multiples : comment se procurer de l'hydrogène décarboné, comment s'assurer un approvisionnement fiable avec une pureté constante (des fois au niveau du ppb); comment pouvoir gérer des pressions de stockage allant jusqu'à 700 bars; et surtout garantir la sécurité des opérations. Air Liquide, opérant plusieurs milliards de m³ par an d'hydrogène dans le monde, accompagne cette mutation en déployant des technologies de production et de distribution adaptées aux exigences de l'industrie, des transports et de la recherche.
Cet article fait le point des principales méthodes de production (du steam reforming à l'électrolyse PEM / alcaline / SOEC), les impératifs de pureté pour différentes applications dont les piles à combustible, l'électronique, la mobilité et la combustion, ainsi que les stratégies de conditionnement haute pression et distribution. Découvrez comment Air Liquide vous accompagne grâce à une maîtrise complète de la chaîne de production de l’hydrogène gazeux.
Qu’est-ce que l’hydrogène gazeux ?
L'hydrogène gazeux (GH₂) est la molécule diatomique la plus petite et la plus abondante de l'univers, mais elle est assez rare sur terre. L'hydrogène disponible sur terre est généralement combiné à d'autres atomes et le GH₂ doit être extrait de molécules comme l'eau (H₂O) ou les hydrocarbures (CH₄). La découverte de gisements souterrains d'hydrogène gazeux est encore en phase embryonnaire et loin d’une exploitation au niveau industrielle.
Dans le passé l'hydrogène a été utilisé dans plusieurs secteurs industriels : pour le raffinage du pétrole, pour enrichir les atmosphères réductrices en traitements thermiques en métallurgie, pour propulseur pour les fusées spatiales (Ariane) ou en tant que vecteur pour l'analyse. Aujourd'hui, il est aussi une molécule énergétique majeure capable de stocker l'électricité renouvelable et pour décarboner les transports et les secteurs industriels du verre, du ciment et les secteurs industriels "Hard-to-abate" en général.
Caractéristiques de l’hydrogène gazeux
L'hydrogène moléculaire, aussi appelé dihydrogène (H₂) est un gaz incolore, inodore et non toxique aux conditions normales de température et de pression. Sa caractéristique dominante est sa basse densité : c’est le gaz le plus léger (environ 14 fois plus léger que l’air), ce qui implique une diffusivité très élevée (0,61 cm²/s). Sur le plan énergétique, il affiche une densité massique de 120MJ/kg, la plus élevée de tous les combustibles (signifie que, à parité de poids, ils génère la quantité la plus élevée d’énergie, près de trois fois celle du gazole), mais il a une faible densité volumique (signifie que 1 kg de GH₂ a température et pression standard occupe énormément de place, ~ 11 m³, quasiment le volume de chargement d’une petite camionnette). Pour augmenter les quantités stockées dans le même volume, il doit être comprimé, stocké et transporté dans des réservoirs capables de supporter des pressions de 200 à 700 bars.
Comment produit-on l’hydrogène gazeux ?
La production d'hydrogène est un défi d'ingénierie chimique visant à casser les liaisons de différentes molécules (eau, hydrocarbures, biométhane) pour libérer le H₂. Le choix du procédé, la source d'énergie utilisée et les options de capture du CO₂, déterminent l'empreinte carbone de la molécule GH₂.
L’électrolyse de l’eau / électrolyse à oxydes solides (SOEC)
L’électrolyse consiste à dissocier la molécule d'eau via un courant électrique. Si l'électricité est d'origine renouvelable (éolien, solaire, hydraulique), l'hydrogène est dit "renouvelable" et des fois appelé "vert".
- Alcaline : technologie mature qui opère à température ambiante avec un électrolyte corrosif à base d'hydroxyde de potassium (KOH). C'est un électrolyseur durable et solide, idéal pour un fonctionnement en continu car s'adapte mal aux variations et aux arrêts et redémarrages. Pas versatile pour l'intermittence des énergies renouvelables mais très robuste pour des productions 24/24.
- PEM (Proton Exchange Membrane) : technologie bien connue qu'opère à température ambiante avec un électrolyte en membrane en plastique et des électrodes contenant des métaux rares. C'est très adaptable aux arrêts et redémarrages ; c'est idéale pour la variabilité des énergies renouvelables (solaire, éoliens), ou pour capitaliser sur les pics de production d'électricité. Air Liquide opère plusieurs électrolyseurs dans le monde dont le PEM dont Trailblazer en Allemagne (20 MW), certifié RFMBO (Renewable Fuels of Non-Biological Origin) et l'électrolyseur PEM du projet Normand'Hy en France (200 MW)
- AEM (Anion Exchange Membrane) : technologie plus récente et encore en phase de développement, qui vise à mélanger les avantages des électrolyseurs alcalins et des PEM. Ils opèrent toujours avec une membrane mais qui "opère a l’envers des PEM" car elle laisse passer les ions hydroxyles (OH-). Les catalyseurs ne nécessitent pas des métaux nobles car le milieu, l'électrolyte, est de l’eau légèrement alcaline. Leur robustesse et leur utilisation sur le long terme, 10-15 ans, est encore en cours d'étude.
- SOEC (Solid Oxide Electrolysis Cell) : technologie encore en phase de pilote et pas complètement industrielle, opère à haute température (> 700 °C) avec de la vapeur d’eau et un électrolyte solide en céramique conductrice a haute température. La technologie SOEC offre des rendements électriques supérieurs aux autres solutions surtout si elle est couplée à des solutions pour valoriser la chaleur fatale industrielle (vapeur).
Le vaporeformage (steam reforming) du gaz naturel ou du Biogas
Parmi tous les procédés existants, le vaporeformage du méthane (SMR - Steam Methane Reforming) est une des technologies les plus solides et efficaces pour la production massive d'hydrogène. Selon la nature du gaz / biométhane, de l'électricité utilisée et de la gestion du CO₂, le SMR peut produire de l'hydrogène traditionnel, bas carbone ou renouvelable vis à vis de la classification légale RED II / RED IIII. Le méthane ou biométhane est exposé à de la vapeur d'eau à haute température (700 – 1 100 °C) pour produire un gaz de synthèse (Syngas), ensuite purifié par PSA (Pressure Swing Adsorption). Si le méthane est du biogaz et le SRM fonctionne avec des énergies renouvelables, l'hydrogène produit est renouvelable.
En plus de la production d'hydrogène renouvelable par SMR, Air Liquide a aussi déployé sa technologie Cryocap™ pour décarboner la production par SMR de H₂ traditionnel. La production de H₂ est couplée avec la séquestration de CO₂ par voie cryogénique et stockée (CCS carbon capture and storage) produisant ainsi un hydrogène "bas carbone". La solution Cryocap™ peut être appliquée aussi à un SRM biométhane avec énergie renouvelable, et on peut obtenir du HyBECCS (Hydrogen Bioenergy with Carbon Capture and Storage) avec une émission CO₂ négative (on réduit le CO₂ de l'atmosphère).
Autres procédés chimiques
- Réformage du méthanol : le procédé est assez similaire au reformage du gaz naturel, mais utilise du méthanol comme source. C'est un procédé qui fonctionne à plus basse température mais émet plus de CO₂.
- Gazéification et Pyrolyse : transformation de la biomasse ou de déchets (CSR) en gaz de synthèse. La pyrolyse du méthane est également étudiée pour produire de l'hydrogène et du carbone solide (noir de carbone) sans émission directe de CO₂.
- Cracking de l'ammoniac : l'ammoniac (NH₃) est un vecteur efficace pour transporter l'hydrogène sur de longues distances. Une fois à destination, elle est "craquée" pour restituer l'hydrogène gazeux.
- Hydrogène Naturel ou Géologique : l'extraction d'hydrogène natif présent dans le sous-sol est une voie en pleine exploration mais pas encore mûre pour une exploitation industrielle. Cet hydrogène des fois est improprement appelé “hydrogène blanc”.
Le stockage et le transport de l’hydrogène gazeux
La logistique de l'hydrogène gazeux est adaptée aux quantités nécessaires et à son utilisation (haute pression, hauts débits).Pour des très grands bassins industriels ayant des consommations massives de plus d'une tonne par jour, le transport par pipeline est l'optimum économique et sécuritaire (Air Liquide opère plus de 2 000 km de canalisations dans le monde).
Pour des consommations élevées sur des sites industriels éloignés des pipelines, la production sur site par électrolyse est la solution la plus appropriée. Cependant, cela demande un emplacement adapté : emprise au sol sur un site industriel à risque soumis à autorisation ATEX, et à la disponibilité de grande quantité d'électricité et d'eau purifié sur place.
Pour les besoins diffus, ponctuels, ou pour des quantités plus modestes, l'hydrogène gazeux est comprimé et conditionné et transporté par voie de terre/ferroviaire. En résumant :
- Semi-remorques (Tube Trailers) : des contenant adaptés en métal ou en composite à 200, 300 bar ou plus permettent de transporter les quantités requises et optimiser la charge utile par camion, réduisant ainsi l'empreinte carbone du transport.
- Cadres de bouteilles : pour les faibles consommations (laboratoires, essais).
Voulez-vous en savoir plus sur l'hydrogène gazeux et ses différentes applications ?
Les avantages de l’hydrogène gazeux
Usage et propriétés physico/chimiques
Au-delà de sa légèreté, l'hydrogène a une conductivité thermique 7 fois supérieure à celle de l'air, ce qui en fait un excellent gaz de refroidissement (ex : pour les alternateurs des centrales électriques). Sa cinétique de combustion est extrêmement rapide et sa flamme, invisible à l'œil nu, atteint des températures très élevées, idéales pour les procédés de chauffe et combustion (ex : combustion pour le ciment, le verre). En tant qu'agent réducteur, il est utilisé pour créer les atmosphères pour les de traitement thermiques afin d'éviter l'oxydation des métaux (ex : les procédés de recuit brillant, le brasage, ou le frittage).
L'hydrogène a un rôle primordiale tant que matière première dans le secteur de la chimie - pétrochimie, ou il est utilisé depuis très longtemps pour la production d’ammoniac, des engrais et pour la désulfuration du pétrole; ou bien dans le secteur alimentaire où il intervient pour l'hydrogénation des gras ou en cosmétique, par exemple pour la production du glycérol.
L'hydrogène est largement utilisé comme vecteur d'énergie pour l'électrification des transports. L'hydrogène de qualité et pureté fuel cell est injecté dans une pile à combustible ou il se recombine avec l'oxygène dans une réaction exothermique pour générer de l'énergie électrique et de la vapeur d'eau.
Sa polyvalence est unique : il sert à la fois de matière première (feedstock) pour la chimie, de fluide thermique pour le refroidissement, de source d'énergie pour la combustion, et aussi de moyen de stockage d'énergie (Power-to-Gas) permettant d’accumuler l'énergie produite par le solaire ou l'éolien et ainsi pallier l'intermittence de ces énergies renouvelables.
Risques et inconvénients de l’hydrogène gazeux
Explosion et inflammabilité
L'hydrogène présente un risque élevé d'inflammation, car sa plage de combustion est très large. Il est inflammable dans un intervalle de concentration compris entre 4 % à 75 % dans l'air et il a une très faible énergie d'activation : une décharge électrostatique suffit à l'allumer. La flamme d'hydrogène est invisible à l'œil nu, et émet peu de rayonnement infrarouge (pas de sensation de chaleur). La rapidité de propagation de la flamme peut entraîner une explosion violente si la combustion se vérifie en milieu confiné.
L'utilisation de l'hydrogène gazeux est soumise au respect de règles de sécurité extrêmement strictes, les zones de stockage et les installations soumises à autorisation ATEX (Zonage), et les opérateurs doivent être équipés de API spécifiques incluant des détecteurs de flamme adaptés à l'hydrogène.
Autres risques : fuite et fragilisation des aciers
Un risque bien connu est la fragilisation des aciers par l'hydrogène (embrittlement) : dans des conditions spécifiques de pression et température, l'hydrogène peut s'insérer dans le réseau cristallin des aciers provoquant une réduction ponctuelle de la ductilité du métal. Cela entraîne une rupture soudaine des équipements (tuyaux, réservoirs, vannes) sans aucun signe avant-coureur. Le choix des matériaux (aciers inoxydables austénitiques, composites spécifiques) est critique pour garantir l'intégrité des équipements.
Une autre source de risques sont les fuites; à cause de sa petite taille moléculaire elle peuvent être plus fréquentes qu'avec d’autres gaz. Une fuite aussi très petite peut causer plusieurs risques dont l’incendie, l’explosion ou l’anoxie. Les tests d’étanchéité, généralement à l’hélium, des systèmes de ventilation forcée et des détecteurs d’anoxie sont obligatoires, ainsi que l’utilisation d’API spécifiques.
La sécurité pour la mise en oeuvre de l'hydrogène
La sécurité des opérateurs et des installations est un inconditionnel pour Air Liquide. En tant qu'expert en hydrogène depuis plus de 60 ans, Air Liquide a développé une série de protocoles et des règles de sécurité qui doivent être appliquées scrupuleusement. Les experts de Air Liquide peuvent vous accompagner avec des formations dédiées sur la sécurité et la mise en œuvre de l'hydrogène, et alerter vos opérateurs sur les bonnes pratiques et les bons réflexes à adopter pour l'utilisation de ce gaz.
Comment s’utilise l’hydrogène gazeux aujourd’hui ?
Production d’électricité via piles à combustible
L'hydrogène gazeux de qualité fuel cell alimente des piles à combustible (Pile à membrane échangeuse de protons) qui génèrent l'électricité pour :
- La mobilité : les piles alimentent les moteurs électriques des véhicules comme chariots élévateurs, bus, trains, bateaux, taxis.
- Les applications stationnaires pour remplacer les générateurs diesel de backup d'hôpitaux, ou pour les antennes relais isolées. Elles sont une solution énergétique sans émissions locales offrant une autonomie supérieure aux batteries classiques.
- Le secteur militaire et spatial, pour la production d'appoint d'énergie, ou pour la propulsion des drones grâce à un fonctionnement silencieux et à une bonne autonomie sur les vols longs de plus d’une heure.
Générateurs électriques à Hydrogène, Alimentation de secours, Backup Power et Data Centers
Les Data Centers se multiplient à cause de la démocratisation des intelligences artificielles; ils sont des consommateurs intensifs d'énergie et nécessitent une réserve d'énergie pour garantir un fonctionnement continu. Souvent, pour augmenter la vitesse de transfert de données (ex : plateforme de streaming, trading haute fréquence etc), les data centers peuvent être très proches des villes ou les mètres carrés disponibles sont limités ou chers et ou les normes sur la pollution de l'air aux particules fines et acoustique sont très strictes. Pour décarboner le secteur de la Deep Tech, les piles à combustible alimentées à l'hydrogène bas carbone peuvent remplacer les générateurs de secours, assurant une alimentation ininterrompue (UPS) fiable, propre et silencieuse. Cela assure un back up suffisamment long avec une empreinte au sol réduite et zéro émission locale : ni particules, ni bruit.
L’hydrogène gazeux dans l’agriculture et la chimie
L’hydrogène gazeux est essentiel dans le procédé de synthèse de l'ammoniac (NH₃) car à haute température et haute pression le H₂ gazeux se combine avec l'azote N₂ gazeux pour produire le NH₃. Les engrais industriels, largement employés dans l'agriculture moderne, sont produits à partir d'ammoniac.
Le H₂ gazeux est nécessaire aussi pour produire du méthanol (CH₃OH) de synthèse, grâce à la méthanolisation du CO₂. En présence d'un catalyseur et à température et pression contrôlé, le H₂ gazeux se combine avec le CO₂ et génère du e-méthanol et du H₂O.
Dans le raffinage, il est utilisé pour l'hydrodésulfuration des carburants (élimination du soufre des carburants pour respecter les normes Euro) et l'hydrocraquage des coupes lourdes pétrolières tel que l'essences lourdes, le kérosène, le gasoil, le fuel, etc
L’hydrogène gazeux dans la métallurgie
La production d’objets en métal est un procédé qui requiert différentes étapes dont des phases cruciales que sont les traitements thermiques.
Le recuit des aciers (bobines, tôles ou tubes obtenues par laminage ou étirage à froid) est fait en atmosphère réductrice. Le recuit est une étape nécessaire pour rendre ductile le métal a cœur et pouvoir le retravailler et lui donner la forme finale (ex, une portière de voiture, une casserole, un bistouri etc). Le recuit est fait dans une atmosphère hydrogène (hydrogène ajouté à l’azote gazeux), car l'hydrogène capte les molécules d'oxygène et assure l’absence d'oxydes en surface des aciers (’absence de calamine). Pour les pièces finies, des petites quantités de H₂ sont aussi ajoutées dans les atmosphères pour le durcissement superficiel ou pour la galvanisation. Par example en coutellerie, pour avoir des surfaces bien brillantes, de couleur uniforme, propres et sans oxydes, les pieces passent dans des atmosphères réductrices contenant de l’hydrogène.
L'hydrogène est aussi utilisé pour décarboner la production des aciers, autrement dit pour la production d’aciers verts ou décarbonés. Dans le procédé de DRI (direct reduced iron), l'hydrogène est utilisé comme élément réducteur et remplace le carbone pour transformer le minerai de fer (les roches contenant oxyde de fer) en métal. Si l'hydrogène utilisé est décarboné, l’acier ainsi produit pourrait être appelé décarboné, ou vert.
L’hydrogène gazeux dans la combustion
L'hydrogène a une température de combustion de l'ordre des 2200 °C dans l'air, de quasiment 3000 °C dans l'oxygène pur. Cette dernière ne produit pas de CO₂, donc c'est le gaz idéal pour les procédés requérant des hautes températures sans émission de CO₂. L’hydrogène est le vecteur de la décarbonation des secteurs industriels comme le verre et le ciment. Son utilisation en grande quantité (> 15-20 %) nécessite des brûleurs adaptés car la dynamique de la combustion et les aspects de sécurité sont très différents du gaz naturel.
Pour les industries du ciment, la combustion avec des petites quantité d'hydrogène a la place du gaz naturel permet d’augmenter de manière considérable la quantité de fuel alternatif pas cher (composé de différentes typologie de déchets) dans le clinker et réduire la quantité de petcoke, très cher, nécessaire au procédé. Son utilisation permet de réduire la quantité de CO₂ émis (petcoke et gaz naturel utilisé) tout en détruisant des déchets polluants et permettant des économies pour les industriels.
L’hydrogène gazeux dans les laboratoires
En chromatographie en phase gazeuse (GC), l'hydrogène est un gaz vecteur performant, permettant de réaliser les analyses plus rapidement que l'hélium. Il est également utilisé comme gaz combustible pour les détecteurs à ionisation de flamme (FID).
L’hydrogène gazeux dans l’électronique
L'industrie des semi-conducteurs exige une pureté extrême (souvent > 99,9999 % ou grade 6.0). L'hydrogène y est utilisé comme gaz porteur pour l'épitaxie, pour le recuit des wafers ou pour créer des atmosphères réductrices empêchant l'oxydation des circuits microscopiques. Air Liquide garantit ces spécifications via des analyses certifiées.
Importance de la pureté de l’hydrogène gazeux pour les différentes applications
La gestion des impuretés est cruciale selon les applications. Que le H₂ soit produit par vaporeformage ou par électrolyse, il pourra y avoir besoin d'ajouter une étape de purification et d'élimination des vapeur d’eau résiduelle, selon les degrés de pureté souhaité:
- Industrie - Combustion : assez tolérante, peut accepter des impuretés de l'ordre des milliers de ppm, et de l'hydrogène type grade B.
- Industrie - Chimie, Traitement Thermique : procédé moins tolérant, les impuretés doivent souvent être de l'ordre de la dizaine de ppm (impureté critiques : H₂O, O₂).
- Mobilité (ISO 14687:2025) : tolérance zéro pour les composés soufrés qui doivent être moins de quelque part par milliards et le CO (monoxyde de carbone) bien inférieur au par million car ils empoisonnent les catalyseurs des piles à combustible. A prescrire aussi les composés halogénés à base de chlore, fluor et brome car corrosifs.
- Électronique et analyse : contrôle strict des particules et des traces métalliques, c’est du ultra pure.
Réseaux de distribution et structures d’hydrogène gazeux
Air Liquide structure ses offres autour de la fiabilité d'approvisionnement :
- Production sur site (Floxal™) : installation de générateurs SMR compacts ou d’électrolyseurs directement chez le client, supprimant la logistique routière.
- Pipelines : connexion directe aux grands réseaux dans les bassins industriels (Benelux, Fos-sur-Mer).
- Semi-remorques, Tube Trailers et cadres : l'hydrogène est transporté en phase gazeuse dans des emballages dédiés selon le niveau de pureté requis, directement sur le site de production industriel.
Voulez-vous en savoir plus sur l'hydrogène gazeux et ses différentes applications ?
Pourquoi l'hydrogène est un gaz d'avenir ?
Hydrogène : transition et souveraineté énergétique
L'hydrogène permet de stocker l'énergie selon le principe de "coupler les secteurs" (sector coupling). Connu aussi avec le nom de Power to X, cela signifie convertir de l'électricité (Power), souvent renouvelable, en d'autres formes d'énergie (X), en ce cas le H₂ qui devient un vecteur d'énergie. On parlera donc de "Power to Gas". En d'autres termes on transforme les électrons verts excédentaires produit par solaire ou éolienne en énergie accumulée sous forme de H₂ gazeux, transportables et utilisables dans le temps.
Enjeux technologiques et économiques
Le défi réside dans le passage à l'échelle (scaling up) pour réduire le CAPEX des électrolyseurs, avoir un procédé robuste basé sur une production d'énergie 100 % renouvelable 24/24 et maîtriser le coût final de la molécule quand les subventions externes (état, business angels, projets EU) seront terminés. L'infrastructure pour la distribution et le transport du H₂ doit également être implémentée et devenir efficace, pour répondre aux besoins industriels et du transport. Les projets Air Liquide comme Normand'Hy (200 MW) et les investissements dans les réseaux de pipelines visent à créer ces économies d'échelle, la ou la production on site n'est pas possible ou pas rentable.
Différents types d’hydrogènes
Souvent on parle de transition énergétique utilisant les couleurs de l'hydrogène : le passage de l'hydrogène "Gris" (SMR fossile) vers le "Bleu" (SMR + CCS) et le "Vert" (génériquement décrit comme Renouvelable), mais cette classification manque de rigueur, et n’est pas utilisable dans des cadres réglementaires. Air Liquide préfère utiliser les nomenclatures exactes tel quel hydrogène bas carbone, RFNBO, ou renouvelable.
Pour être dit bas carbone, l'hydrogène doit respecter un seuil de CO₂ émis par Kg de H2 produit. Cela est défini dans la directive (UE) 2024/1788 - Article 2. -70 % d'émissions de CO₂, qui correspond à 3,38 Kg CO₂/Kg H2. L’Acte Délégué sur la méthodologie bas carbone spécifie les calculs et les sources énergétiques qui peuvent être utilisées, incluant désormais le nucléaire et les gaz avec CCS (carbon capture and storage). En cas d’utilisation d’énergies renouvelables comme l’éolienne, solaire ou hydraulique en lien direct ou GOs - Garantie d’origine, l'hydrogène est bas carbone et renouvelable.
La Taxonomie Européenne (Délégué Relatif au Volet Climatique de la Réglementation 2020/852) détaille un seuil encore plus bas d’émissions de 3 KgCO₂/KgH2. Cette limite est utilisée principalement dans des contextes de financement des projets européens dits “durables” (vertueuse pour l’atténuation du changement climatique) et arbitre l’attribution de fonds publics aux projets IPCEI (Projets Importants d’Intérêt Européen Commun).
L’enjeu est majeur : Air Liquide propose des offres certifiées (ex: ECO ORIGIN™ hydrogène) basées sur des Garanties d’Origine, voir une production par électrolyse et un transport décarboné assurant que la molécule livrée correspond à une réduction effective de CO₂.
Tableau comparatif des types d'hydrogène
| Type d'hydrogène | Emission CO₂ | Feedstock & Source d'énergie | Avantages stratégiques & industriels |
|---|---|---|---|
| Hydrogène renouvelable & bas carbone RFNBO | Zero émission directe du ELY Bilan total net très bas / neutre | Électrolyse de l'eau + Electricité 100 % Renouvelable (GOs avec PPA ou lien physique direct et production simultané) + bidding zone + additionnalité | + Compliance EU maximale (RED III) ou Taxonomie (selon émission CO₂) + Produit "Zéro Émission" - Coût très élevé |
| Hydrogène renouvelable Certify NGC & Bas Carbone > ECO ORIGIN H₂ by Air Liquide | Bilan total net très bas / neutre Très basses emissions (bas carbone -70 %) | SMR biogaz certifié + électricité renouvelable certifiée (GOs avec PPA) ou ELY + électricité renouvelable certifiée (GOs avec PPA) | + Compliance EU sur certification volontaire reconnue EU (Certify NGC) + Produit renouvelable et bas carbon - Coût élevé |
| Hydrogène bas-carbone (non renouvelable) | Faibles émissions / Bas Carbone si reduction -70 % | SMR fossil + CCS (Carbon Capture & séquestré) + Mix électrique bas carbone (inclus nucléaire) ou ELY + Mix électrique bas carbone (inclus nucléaire) | + Grandes quantités toujours disponibles + Coût maîtrisé - Souplesse énergétique : nucléaire et fossil + CCS accepté |
| Hydrogène conventionnel | Haute émissions de CO, Emissions CO₂ non gérées | SMR du méthane + Électricité non décarbonée | + Grandes quantités disponibles - Bas coût - Pour usages non soumis aux quotas carbone |
| Hydrogène Naturel Ou Hydrogène géologique | En théorie zéro émission | Hydrogène extrait des gisements géologiques naturels, avec électricité renouvelable. | - Très théorique - Coût inconnu - Besoins énergétiques pas connus (extraction, purification) |
Stratégie de décarbonation : l'offre ECO ORIGIN™
Pour les industries et les secteurs de la mobilité, qui veulent être acteurs de la transition énergétique, l'enjeu est de s’assurer un approvisionnement fiable, à coût maîtrisé pour des gros volumes d'hydrogène bas carbone.
L’offre ECO ORIGIN™ répond à ces besoins.
Les solutions hydrogène bas carbone proposées par Air Liquide
Chez Air Liquide, nous garantissons de livrer à votre porte la quantité et la qualité d'hydrogène gazeux qui respecte les définitions en matière de réduction des émissions de CO₂ sur l'ensemble de son cycle de vie, comme établi par la commission européenne.
Cette performance repose sur deux piliers technologiques que nous maîtrisons en interne :
- L'Électrolyse alimentée par des EnR : nos électrolyseurs sont alimentés par de l'électricité renouvelable (PPA) éolienne, solaire ou hydraulique, certifiés par contrats d'achats.
- Le Captage de Carbone (CCS) via Cryocap™ : pour les bassins industriels existants, nous installons notre technologie propriétaire Cryocap™ sur les unités de production d'hydrogène. Ce système cryogénique capte jusqu'à 98 % du CO₂ émis lors du processus, qui est ensuite liquéfié pour être séquestré (projets type Porthos ou Kairos@C) ou valorisé, empêchant son rejet dans l'atmosphère. Cela permet de produire de l'hydrogène bas carbone en quantités importantes et à des prix concurrentiels, pour les secteurs de la chimie, de la combustion ou de la sidérurgie.
ECO ORIGIN™ : transformez vos émissions de Scope 3
L'offre ECO ORIGIN™ est notre réponse contractuelle pour vous permettre de réduire vos émissions indirectes (Scope 3). En optant pour de l'hydrogène ECO ORIGIN™, vous achetez bien plus que de la molécule.
- Traçabilité et Audit : la valeur bas carbone est prouvée via un système rigoureux de Garantie d'Origine (GO) et de certificats sur la base du schéma volontaire de Certifhy NGC audités annuellement par des tiers indépendants.
- Simplicité opérationnelle : Vous décarbonez votre activité "drop-in", sans CAPEX supplémentaire sur votre outil industriel et sans que vous soyez obligé à investir en infrastructures, tout en gardant une sécurité d'approvisionnement fiable et sûre.
- Valorisation : l'hydrogène ECO ORIGIN™ contribue à vous faire accéder à des labellisations sur vos propres produits ("Acier Vert", "Transport Zéro Émission") et à respecter les besoins des projets EU à forte valeur environnementale.
L’offre ECO ORIGIN™ est disponible en deux niveaux :
- Option ECO ORIGIN™ H₂ : par SMR (vaporéformage du méthane) alimentée avec du biogaz avec Garanties d’Origines, l’électricité pour la compression et le remplissage est renouvelable.
- Option ECO ORIGIN™ H₂ ”Premium” : production d’hydrogène par électrolyse de l'eau alimentée avec de l'énergie renouvelable (contrats d'achat d'électricité renouvelable (PPA) & Garanties d'origine (GOs).
Air Liquide, un partenaire pour vous accompagner dans vos applications d’hydrogène
Que vous ayez besoin de quelques bouteilles pour un banc d'essai R&D ou d'une connexion pipeline pour une usine de production, Air Liquide adapte sa logistique à vos besoins. En plus de l'hydrogène gazeux, Air liquide vous apporte une expertise en sécurité (analyse de risques, implantation ATEX), une fiabilité opérationnelle (service OPTIMAL) et une garantie certifiée de décarbonation.
Vous envisagez de faire des tests industriels avec de l'hydrogène, sécuriser votre approvisionnement ou passer en production à grande échelle ? Contactez nos experts pour une étude de faisabilité technique et une analyse de votre TCO (Total Cost of Ownership).
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